
Trois relances envoyées. Aucune réponse. Et ce client historique qui vous doit 12 000 € depuis 45 jours vient de recevoir exactement le même message que le nouveau compte ouvert il y a deux mois. Résultat ? Le premier se sent traité comme un mauvais payeur, le second ignore un ton trop formel. Dans mon accompagnement de PME sur leurs processus de recouvrement, j’observe que cette erreur coûte cher : taux de réponse divisé par deux, tensions commerciales inutiles, et des heures perdues à relancer manuellement des centaines de factures.
Automatiser vos relances ne signifie pas robotiser votre relation client. C’est l’inverse : c’est reprendre le contrôle sur le timing, le ton et le canal, pour que chaque message touche juste. Voici comment y parvenir sans sacrifier la qualité de vos échanges.
L’essentiel sur l’automatisation des relances en 4 points
- Segmentez vos clients avant d’automatiser quoi que ce soit
- Adaptez le canal et le ton selon le profil (grand compte ≠ nouveau client)
- Programmez une séquence J+3, J+10, J+20 avec escalade progressive
- Gardez la main sur les cas sensibles : automatisation ne veut pas dire abandon
Pourquoi vos relances manuelles vous coûtent plus cher que vous ne le pensez
Soyons clairs : le problème n’est pas que vous relancez mal. C’est que vous n’avez pas le temps de bien relancer. Entre la saisie comptable, les rapprochements bancaires et les demandes du dirigeant, les relances passent au second plan. Et quand on s’y remet, c’est souvent trop tard.
13,6 jours
de retard moyen de paiement constaté fin 2024
D’après le communiqué ministériel du 11 juillet 2025, ce retard moyen a encore augmenté d’un jour par rapport à l’année précédente. Dans les structures de plus de 1 000 salariés, ça grimpe à 18 jours. Chaque jour de retard, c’est du cash immobilisé, du BFR qui gonfle, et parfois un découvert bancaire à financer.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Les oublis. Pas par négligence, mais par surcharge. Une facture échue passe à la trappe pendant trois semaines parce qu’un autre dossier a pris le dessus. Et quand on s’en aperçoit, le client a lui aussi oublié. Le cercle vicieux s’installe.
Le rapport 2024 de l’Observatoire des délais de paiement montre que près de 30 % des entreprises continuent de payer au-delà du délai légal de 60 jours. Ce n’est pas toujours de la mauvaise foi : c’est souvent un problème de process côté client. Votre relance peut débloquer la situation, à condition d’arriver au bon moment et avec le bon message. Pour approfondir les fondamentaux, consultez ces conseils pour la relance de factures impayées.
Les 3 piliers d’une automatisation qui préserve la relation
Je recommande toujours de commencer par une question simple : qui sont vos clients en retard ? Pas tous les mêmes. Pas tous à traiter pareil. C’est là que tout se joue.
Premier pilier : la segmentation de votre encours. Avant de toucher à un seul workflow, classez vos clients. Un grand compte fidèle depuis dix ans ne réagira pas comme un nouveau client en phase de test. Un artisan en difficulté passagère mérite une approche différente d’un acheteur qui joue la montre systématiquement. Dans les dossiers que je traite, cette segmentation préalable change tout.
Deuxième pilier : la personnalisation des messages. Ça ne veut pas dire réécrire chaque email à la main. Ça veut dire prévoir des variantes selon le segment. Un ton courtois et souple pour le client historique. Un rappel factuel et direct pour le retardataire chronique. Les solutions comme Clearnox permettent justement de configurer ces scénarios différenciés sans multiplier les actions manuelles.
Troisième pilier : le choix du canal adapté. L’email fonctionne pour la plupart des relances de niveau 1. Mais certains clients ne lisent pas leurs mails. D’autres répondent mieux à un SMS ou à un appel. Sur le terrain, la réalité est simple : un seul canal ne suffit jamais pour tout le monde.
Cas où l’automatisation peut vous desservir
Ne programmez pas de relance automatique si le client est en litige ouvert avec votre service commercial, si vous êtes en négociation sur une commande importante, ou si la relation repose sur un contact personnel fort (le dirigeant qui appelle le dirigeant). Dans ces cas, une intervention manuelle reste indispensable.
Scénarios de relance selon le profil client : ce qui fonctionne vraiment
Franchement, les conseils génériques du type « relancez à J+7 puis J+15 » ne servent à rien si vous ne les adaptez pas. J’ai accompagné Stéphane, 48 ans, dirigeant d’une société de négoce de 15 salariés en région lyonnaise. Son encours clients tournait autour de 180 000 €, avec des retards récurrents. Sa crainte : que l’automatisation détériore des relations commerciales construites sur dix ans. On a mis en place des scénarios différenciés par typologie client. Trois mois plus tard, le DSO avait baissé de 8 jours sans un seul retour négatif de client.
Voici un récapitulatif des approches que je recommande selon le profil, basé sur ce que je constate dans les entreprises que j’accompagne :
| Profil client | Canal privilégié | Ton recommandé | Délai 1ère relance |
|---|---|---|---|
| Client historique fidèle | Email personnalisé | Courtois, souple | J+5 à J+7 |
| Grand compte | Email + appel DAF | Professionnel, factuel | J+3 |
| Nouveau client | Email standard | Pédagogique, clair | J+3 |
| Retardataire récurrent | Email + SMS | Direct, ferme | J+1 à J+2 |

La séquence type que je constate sur le terrain fonctionne généralement ainsi :
-
Échéance de la facture -
Relance courtoise automatique par email -
Deuxième relance avec rappel du montant dû -
Relance téléphonique (action manuelle déclenchée) -
Mise en demeure si nécessaire
Ce constat, limité à mon périmètre d’intervention (PME et ETI du secteur services), peut varier selon votre secteur et l’ancienneté de vos relations commerciales. L’essentiel est d’avoir une logique d’escalade progressive : on ne sort pas l’artillerie lourde dès le premier jour de retard.
Vos questions sur l’automatisation des relances clients
Les entreprises que j’accompagne posent souvent les mêmes questions avant de se lancer. Voici les réponses aux objections les plus fréquentes.
L’automatisation ne risque-t-elle pas de paraître impersonnelle ?
Tout dépend de la configuration. Un message automatique qui utilise le prénom du contact, fait référence au numéro de facture et adapte son ton au profil client sera perçu comme professionnel, pas robotique. L’erreur serait d’envoyer le même texte générique à tout le monde.
Comment gérer les clients sensibles ou en litige ?
Excluez-les du workflow automatique. Les bons outils permettent de taguer certains comptes pour les sortir des séquences programmées. Ces cas méritent une intervention humaine directe, souvent au niveau commercial ou direction.
Combien de temps faut-il pour mettre en place un outil de relance ?
Comptez entre une et trois semaines selon la complexité de votre encours et le nombre de segments à paramétrer. L’import des données clients est souvent la partie la plus longue. La configuration des scénarios elle-même prend quelques heures.
Peut-on combiner email, téléphone et courrier dans un même scénario ?
Oui, et c’est même recommandé. L’approche multi-canal permet d’adapter la pression selon l’évolution de la situation. L’email en premier, puis un appel déclenché automatiquement dans votre agenda si pas de réponse, et enfin un courrier recommandé pour les cas qui s’enlisent.
Comment mesurer l’efficacité de mes relances automatisées ?
Suivez votre DSO (délai moyen de paiement) mois par mois. Selon Service-Public.fr, le délai légal maximum est de 60 jours. Si vous êtes au-dessus, c’est qu’il y a un levier d’amélioration. Mesurez aussi le taux de réponse à vos relances et le nombre de factures recouvrées sans intervention manuelle.
N’oubliez pas que l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € est due de plein droit en cas de retard de paiement dans les transactions commerciales. Ce n’est pas un argument à brandir systématiquement, mais c’est un levier à connaître pour les cas récalcitrants.
La prochaine étape pour vous
Votre plan d’action cette semaine
-
Exportez votre balance âgée et identifiez vos 3 segments clients principaux
-
Listez les 5 clients à exclure de toute automatisation (litiges, relations sensibles)
-
Rédigez un modèle de message différent pour chaque segment
-
Testez votre séquence sur 10 factures avant de généraliser
Le gain de temps est réel : les entreprises qui structurent leurs relances récupèrent plusieurs heures par semaine. Mais le vrai bénéfice, c’est de transformer une corvée subie en processus maîtrisé. Plutôt que courir après les factures, vous pilotez votre encours. Pour aller plus loin sur ce sujet, explorez l’optimisation de votre gestion de trésorerie dans sa globalité.